Bonjour Moussa ! Et tout d'abord, merci de te livrer ainsi au jeu des questions réponses !
En préambule, voici ta filmographie, non exhaustive :
Main courante, avec Bernard Blancan
MR73, d'Olivier Marchal
Mafiosa, le clan, sublime série passée sur Canal +
Nos amis les flics
Deux
frères
Les Marins perdus
Quand le vent tisse les fleurs
Gomez & Tavarès,
Entre
chiens et loups
Requiem
Vidocq
La Taule

Je t'ai personnellement découvert en surfant sur les blogs de comédiens ! Et notamment sur ton myspace :
http://www.myspace.com/moussamaaskri
Et sur ton IMBd, évidemment !
C'est parti pour les questions ! Que j'espère on ne t'a jamais posées ! La
première, au premier abord, peu sembler simple. Mais y répondre
honnêtement sous-entend que tu sois bien dans ta tête, planté droit
dans tes baskets ! Moussa, dis-moi, en quelques mots, ton métier te
rend-il heureux ?
Alors ! Je suis bien dans ma tête ? Oui. Planté droit dans mes baskets ou autres ? Oui. Alors je dis qu’il me rend plus heureux que
malheureux.
Je suppose qu'au cours de ta vie, tu as connu des périodes de doute,
de frustration... Ont-elles laissé un goût amer ou au contraire, le
sentiment que tu as su te transcender, dépasser les échecs et foncer
la tête haute ?
Des énormes frustrations, sans goût amer. C’est comme en amour ou en amitié, je les oublie assez vite. Foncer et
avoir la tête haute, c’est assez difficile. Tu me diras comment tu fais ???
Mais je me suis, et je me bats inlassablement. La tête haute ? Pas toujours. Je viens d’une cité populaire de
Marseille et quand je vois mon parcours... Je suis ravi. Le doute ???
Le doute est mon ami le plus infidèle.
C'est quoi, d'ailleurs, le « truc » de Moussa pour se remotiver, se ressourcer
et repartir à l'assaut des castings
?
La passion, la curiosité de faire une grande rencontre. Pour bouffer aussi parfois. C’est mon travail. Mais c’est surtout faire une rencontre
qui change ta vie parfois et ça arrive. Ca arrivera encore !!!
Considères-tu que tu devras passer toute ta vie à apprendre, ou qu'au contraire,
tu en sais déjà bien assez sur ce métier ? La formation proposée dans
les écoles actuelles te semblent-elles adaptée à la demande ? N'as-tu
pas peur d'un formatage des comédiens
?
C’est formidable de pouvoir apprendre tout le temps, c’est l’essence même de notre métier.
Le formatage c’est ce qui peut arriver de pire. Ce ne sont ni les écoles ni les maîtres qui sont responsables. Je pense que le formatage se
fait plus après l’apprentissage. Lorsqu’on est confronté à l’économie de ce métier mais aussi à la demande, comme dans tous les métiers d’ailleurs. C’est à ce moment qu’il faut rester bien
accrocher à ce que l’on est, à notre vérité. C’est une de mes rares certitudes. Je pense que c’est là que toutes et tous se révèlent.
Quand on te fait un compliment sur ton travail, comment réagis-tu ? Et à
l'inverse, face à une critique, justifiée ou non
?
Je réagis toujours très bien aux compliments (normal). Qu’ils viennent du public ou du milieu artistique c’est pareil. La critique aussi, même
injustifiée. Il y a bien des compliments injustifiés aussi, mais ceux dont c’est le métier !
Franchement je m’en fous et eux aussi ! Donc tout est bien.
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté, en tant qu'homme, peut-être plus qu'en
tant qu'acteur ? Celui qui t'a fait découvrir une part de toi que tu
ignorais ?
Oui. Sur la violence, la tendresse et la sensibilité, la bêtise enfouie en moi, comme en chacun de nous d’ailleurs. Sur presque tous les
sentiments dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Donc à apprendre qui je suis et surtout qui sont les autres. Le rôle qui m’a le plus marqué. C’est Walid dans le film Clandestins de N.Wadimof,
Renard dans Bye Bye de K.Dridi et ceux qui arrivent, j’espère.
Hors plateaux, que fait Moussa pour occuper ses journées ? Internet est-il un
outil de plus, avec son ouverture sur le monde, pour mener à bien une
carrière de comédien ?
Hors plateaux, c’est privé !
Le net pour mener à bien une carrière de comédien ? Non c’est pour moi un terrain d’aventures, c’est pour ça que toi et moi on peut se parler,
se connaitre et même se rencontrer !!! Ce n’est pas un plan drague !!!
Mais tout ce dont j’ai besoin en fait. Les rencontres.
Pour carrière je te donne quelques synonymes : Marbrière, Mine, Ardoisière, Meulière, Etat, Profession, Fonction. Rien qui ressemble de près
où de loin à ce que j’ai choisit. C’est bien la langue française, c’est précis.
Pour toi, le plus important, ce sont les gens avec qui « tu as fait » ou « ce que tu
as fait » ? Partager un univers est-il plus important, plus
intéressant du moins, que de décrocher un bon rôle
?
Droit dans mes tongs, je me suis changé depuis.
C’est OUI.
Parles-nous un peu de ton actualité, des tes projets ?
Deux films : MR73, d’Olivier Marchal et La main courante Claude Michel Rome. Deux polars, deux flics. Eh
oui ! Petite pause pour les rôles de bandits ?
Je commence le prochain film de P. Aïm, le 14 octobre, Secret
défense.
J’écris aussi. Un documentaire qui est fini à l’écriture et qui patiente chez France 3 depuis un an.
Une idée de série, mais bon pas finie.
Dans quel état d'esprit abordes-tu tes rôles ? Les prépares-tu tous de la
même manière ou cela dépend-il du caractère du personnage, de sa
psychologie ? Tu es plutôt « Actor's Studio » ou « impro sur le tas
», à quelques minutes du clap ou des trois coups
?
Les trois mon capitaine.
D'ailleurs, parviens-tu facilement à te défaire de la « peau de l'autre » ou te
hante-t-il longtemps après le clap de fin ou la dernière
représentation ?
Ceux de Walid dans Clandestin et Marcus dans Requiem on tardés à disparaître.
L'adage veut que l'on choisisse ses amis, et pas sa famille. Les familles du
théâtre et du cinéma t'ont-elles apporté sur un plateau des amitiés
précieuses ?
Oui, considérablement précieuses.
D'après ton expérience personnelle, le public considère-t-il encore trop souvent
ce métier comme futile et par définition, facile et grassement payé,
et confond-il encore trop souvent célébrité rapide et talent
véritable ?
La réponse est dans ta question.
Face à des inconnus, qui ignorent tout de tes activités, il t'arrive encore
de « flipper » au moment de dire : « je suis comédien »
?
Non jamais!! Parce que je ne je dis pas.
Allez, un petit délire, après ces questions existentielles ! Pour exercer ce
fabuleux métier, penses-tu qu'il faut être
:
· orgueilleux ?
· mégalo ?
· schizo ?
· un peu timbré ?
· exhibitionniste ?
· très atteint mentalement
?
· timide maladif en cours de traitement
?
· tout simplement inconscient
?
Tout ça et tu peux rajouter narcissique et généreux, sensible et désagréable, le plus et le moins,... etc. Avec une grande
sincérité.
Faut-il se mettre en danger, pour vivre pleinement sa vie d'homme, de comédien
?
Non. Mais quand il faut, il faut.
Considères-tu que la France est le pays du cinéma par excellence ?
Pourrais-tu être tenté par les sirènes étrangères, du côté de L.A. ou
New York ?
Oui, mais il y a aussi l’Angleterre, l’Espagne et maintenant l’Allemagne.
Tenter une aventure, comme je te l’ai dit plus haut. Il n’y a que les frontières de l’imagination et de la création. Donc oui.
Une question bateau : qui sont tes idoles, tes modèles, dans ce métier
?
Bateau, mais difficile de répondre. Il y en a tellement. Alors je te fais une réponse petite barque. Alors on va citer les vivants, les morts
ne se vexent pas, et de préférence le plus grand : Michel Bouquet. Mes préférés : Daniel Auteuil, Richard Berry, Robert De Niro, Al Pacino.
Le nirvana, pour toi, c'est quoi ?
Revoir mon père marcher
Comment te vois-tu, dans 10 ans, 20 ans ?
Encore là.
Une dernière pour finir, avant de te laisser conclure cet interview à ta façon :
ton plat préféré, celui pour lequel tu te damnerais, si ça n'est pas
déjà fait ?
Du pain, des poivrons grillés et de l’huile d’olive.
Je te laisse carte blanche pour le mot de la fin ! Et encore merci d'avoir
partager ces instants avec moi et mes lecteurs au travers de ce blog
! Merci Moussa ! Et à bientôt sur nos écrans ou sur
scène.
Pour finir une phrase de Khalil Gibran.
"L'amour
Et quand il vous parle, croyez en lui,
Même si sa voix brise vos rêves comme le vent du nord dévastant un jardin.
Car si l'amour vous couronne, il vous crucifie aussi. Et s'il est pour votre croissance, il est aussi pour votre élagage.
De même qu'il s'élève à votre hauteur pour caresser vos plus tendres branches frémissant dans le soleil,
Il descend jusqu'à vos racines et les secoue de leur adhérence à la terre.
Telles des gerbes de blé, il vous ramasse et vous serre contre lui.
C’est moi qui te remercie. A bientôt donc sur les écrans.