Bonjour Monsieur Scardicchio ! J'en profite pour donner le bonjour à ton île, la Corse ! Que je ne connais pas, mais les photos sur ton site donnent envie
de visiter au plus vite !
http://www.myspace.com/stephen_scardicchio
Et aussi sur le site de Movie Creation : http://www.mcb-films.com/
Premièrement, merci à toi Claire de nous accorder un peu de ton temps. Ensuite, Movie Création est une association née grâce à des mordus de cinéma et notamment Fred Deplanque Lucchini qui, malheureusement, n’est plus de
ce monde aujourd’hui. C’est son frère David qui, en sa mémoire, reprends les rênes, aidé, dans cette fougue qui l’anime, de Fabien Carrabin, Crisitan Comiti et moi-même. Depuis 2005 jusqu'à
aujourd’hui, nous avons tourné neuf courts métrages. Les premiers servant d’exercices de styles. Les films se succédant, mettant en avant nôtre savoir faire et notre envie de
professionnalisme.
Alors c'est parti pour les questions ! La première, de prime abord, peu sembler
simple. Mais y répondre honnêtement sous-entend que tu sois bien dans ta tête, planté droit dans tes baskets !
Stephen, dis-moi, en quelques mots, ta passion pour le cinéma remonte à quand ? Et te rend-elle heureux ?
Elle remonte à mes 16 ans. J'habitais un village paumé où mes potes les plus proches étaient à 7 km de chez moi et j’étais à pied. Je piquais le caméscope de ma mère pour me mettre
en scène avec mon petit frère âgé de 7 ans. Il fallait bien s’occuper et ne me demandez pas les bandes, je les ai brûlées !!! «Faire le con» devant l’objectif est vite devenu une passion car ça
amusait toute ma famille.
Je pense qu’il n’ai pas donné à tout le monde de rendre heureux les gens. Un geste, une
émotion, un regard, un rire. Jouer des personnages aussi divers qu’irréalistes, et faire plonger les gens dans une histoire dont il ne décrochent pas une seconde. De les voir pleurer, rire aux
éclats, se ronger les ongles en sachant que c’est vous qui arrivez à faire ça… c’est jouissif !
Que préfères-tu, d'ailleurs, jouer ou réaliser ?
J’ai pas mal d’imagination. J’écris des scénarii que j’espère réaliser au plus vite. Mais je n’ai pas encore mis le mot «FIN» sur certains.
Mais mon truc à moi c’est de jouer et ça porte bien son nom ! Avoir la chance de vivre
plusieurs vies en une seule. Je peux passer du timide au psychopate, du clown au pervers, plus récemment du débile de base au chef d’un commando d’élite.
Quand on te fait un compliment sur ton travail, comment réagis-tu ? Et à l'inverse, face à une critique, justifiée ou non ?
Je suis vachement perfectionniste, j’ai du mal face aux compliments. Ils me mettent mal à l’aise. J’ai toujours l’impression que je peux faire cent fois mieux à chaque
fois.
Toute critique est bénéfique, bonne ou mauvaise. Bonne car constructive, mauvaise car on
parle de nous, c’est toujours ça !!!
Mais je m’autocritique énormément. Je connais mes faiblesses, donc il y a rarement de
mauvaises critiques. Après on aime ou on aime pas.
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté, en tant
qu'acteur ? Celui où tu t'es surpris toi-même ?
Sans hésiter le rôle d’Elias dans «Un dernier au revoir», notamment dans une scène avec le petit Jean-Baptiste Bassi (12 ans et énormément pro) qui joue le rôle du fils d’Elias,
Dominique.
Pour cette scène, Dominique demande à son père comment était sa mère, qu’il n’a quasiment
pas connue. Je suis allé chercher au plus profond de moi. lLémotion était telle que j’ai réussi à faire pleurer David et Johanne Zanot (excellente scripte au passage). C’est une
immense fierté, là tu sais que
tu a joué juste. C’est à ce moment que j’ai pris conscience de ce potentiel qui est en moi.
Hors plateaux, que fais-tu Stephen ? Et pour toi, internet est-il un outil de plus, avec son ouverture sur le monde, pour mener à bien une carrière?
Je suis militaire, car je ne vis pas encore de ma passion, et je m’occupe de ma famille, ma chérie Sandrine à mes cotés, mes deux petits anges : Mégane, 13 ans et Axel, 8 ans. J’avoue qu’être
«père», c’est le plus difficile des rôles !
Internet est pour moi l’une des premières choses qui nous a aidé, nous permettant de
mettre nos bandes annonces en ligne et, ainsi, de nous faire connaître un petit peu.
Internet est pour nous un super outil de communication. Aussi pratique dans nos démarches
professionnelles que personnelles. En Corse, il est difficile de se faire une place quand on sort du contexte historique ou culturel.
Pour toi, le plus important, ce sont les gens avec qui «tu as fait» ou «ce que tu as fait» ? Partager un univers est-il plus important, plus intéressant du moins, que de décrocher un rôle
?
Je recherche essentiellement le côté humain de ce métier. Faire de nouvelles rencontres, partager, prendre du plaisir, s’engueuler car ce n’est pas toujours rose. Chaque nouveau tournage me
permet d’avancer un peu plus à tous les niveaux. Sur Myspace, j’ai fait la connaissance d’équipes géniales, passionnées comme ceux d’ILLEGALPROD ou la FREEDOM-FILMS. Je ne les connais que par le
net et vu l’ambiance et le travail qui en ressort, j’ai qu’une envie, bosser avec eux !!! Et s’il le faut, à la nage !!!
Beaucoup d’univers sont différent sur pas mal de registres c’est pour ça qu’ils sont
également forts intéressants. Décrocher un rôle dans un film dont l’univers vous est indiférrent, c’est essayer de vendre un rôti de porc en Irak.
Parles-nous un peu de ton actualité, des tes projets ?
Et bien nous venons de finir, il y a deux semaines, les derniers plans de
«SURVIVOR» le premier film d’horreur corse. Maintenant, David et Fabien sont
actuellement à Marseille pour le montage. Il devrait sortir pour la fin de l’année.
Actuellement je suis à l’écriture d’une comédie. Je dois retourner sur Marseille la
semaine prochaine pour faire les voix off de «La dernière règle» de Patrick Cottet. Je suis également à la recherche de photographes pour me faire un book, chose qu’on me réclame de plus en plus.
J’ai également quelques propositions de rôles, sur Paris et Marseille mais je ne veux pas en dire trop de peur de me porter la poisse.
Dans quel état d'esprit abordes-tu tes rôles ? Tu es plutôt «Actor's Studio» ou «impro sur le tas», à quelques minutes du clap ?
Je suis une pile, je bouge, je fais le con, je m’amuse jusqu’à ce fameux «ACTION». La
seconde qui suit je suis à fond dans mon rôle ! C’est ma façon à moi d’évacuer le stress.
Sans aucun doute impro sur le tas! Je n’ai jamais pris de
cours ni de théâtre, ni de cinéma.
Le feeling et l’impro sont mes mots d’ordre. J’aime surprendre. C’est ce qui a bluffé
David et Fabien la première fois et ce qui a été le début de notre forte amitié. Le petit air «Vincent Cassel» à fait son effet également !!!
Face à des inconnus, qui ignorent tout de tes activités, il t'arrive de «flipper» au moment de dire : «je suis comédien»?
Au début oui, grave ! Je disais «j’essaye d’être acteur». Puis un jour David et Fabien, qui ont pas mal de bagages derrière eux, m’ont fait une petite leçon de morale. Me disant qu’en faisant
comme ça, je me rabaissais, qu’ils avaient déjà croisés des personnes ayant suivi des cours dans des écoles d’«actor studio» et qu’ils n’arrivaient pas à ma cheville. (Je ne me la pète
pas, c’est eux qui me l’ont dit lol). Bref, depuis je n’ai aucune appréhension à dire que je suis acteur car je connais mes possibilités.
Allez, un petit délire, après ces questions existentielles ! Pour exercer ce fabuleux métier, penses-tu qu'il faut être :
orgueilleux ? un peu !
mégalo ? Beaucoup !!!
schizo ? à la folie !!!
un peu timbré ? pourquoi un peu ?
exhibitionniste ? je ne veux pas faire dans le porno mais je n’ai pas peur de montrer mes fesses ou autre lol !!!
très atteint mentalement ? c’est ce que me dit ma mère !!!
timide maladif en cours de traitement ? non, mais pour ma comédie c’est un peu ça !!!
tout simplement inconscient ? c’est exactement ça !!! Rien que vivre relève de l’inconcience !!!
En tout cas, tu m’as super bien cerné lol !!!
Faut-il se mettre en danger, pour vivre pleinement sa vie d'homme, de comédien ?
Il arrive parfois d’être confronté à ça. Il est plus facile de le faire en tant que comédien qu’en tant qu’homme car on met ça sur le compte du jeu, du rôle. Carpe diem résume bien tout ça.
Vivre l’instant présent pour vivre librement. Après c’est une question de choix.
Considères-tu que la France soit le pays du cinéma par excellence ?
Chaque pays a son style. La France a un cinéma plutôt psychologique, les USA assez «plein les yeux», le russe assez radicale etc... Ce qui permet d'avoir plusieurs points de vue différents du
cinéma.
Une question bateau : qui sont tes idoles, tes modèles, dans ce métier ?
Des personnes capables de tout jouer:
De Niro, Depardieu, Sean Penn, Al Paccino, Kevin Speace, Jean Dujardin, Brad Pitt,
Léonardo Dicaprio, George Clooney, Edward Norton, Jean Reno, Gad Elmaleh, Tom Hanks, John Malkovich et Vincent Cassel, pour les hommes.
Cécile de France, Audrey Tautou, Monica Bellucci, Angélina Jolie, Ali Larter, Liv Tyler,
Halle Berry, Nicole Kidman, pour ces dames.
Le nirvana, pour toi, c'est quoi ?
Un endroit où il y a de magnifiques cascades lol !!! Non sérieusement, réussir ma vie, aimer et être aimé des miens et professionnellement parlant, ne pas rester un jour sans
tourner.
Comment te vois-tu, dans 10 ans, 20 ans ?
La beauté est là où on veut bien la voir, 10, 20 ans... quelques rides en plus qui m'apporteront un peu plus de charme et de charisme (demandez à Monsieur Clooney). Sinon avoir un CV bien
remplit pour que je puisse flamber auprès de mes petits enfants lol !!!
Une dernière pour finir, avant de te laisser conclure cet interview à ta façon : ton plat préféré, celui pour lequel tu te damnerais, si ça n'est pas déjà fait ?
Je ne suis pas être un grand gastronome, mais un p.... de hamburger !!! On manque de Mc Do chez (ils se font plastiqués) !!! Donc chaque voyage sur le continent inclus un crochet par là
!!!
Je te laisse carte blanche pour le mot de la fin ! Et encore merci d'avoir partager ces instants avec moi et mes lecteurs au travers de ce blog !
Et bien c'est moi qui te remercie de t'être intéressée à travers ces queques lignes à notre travail !
Nous espérons vous apporter tout le plaisir et l'énergie que nous mettons à faire ces
films. Nous sommes ouvert à toutes propositions.
Merci à toi Claire.
Carpe Diem !!!
Stéphen