Petite explication avant de lire les mots de Yani...Cette interview est un peu particulière pour moi.
Ceux qui me connaissent de Myspace, sur ce blog ou tout court IRL depuis peu, savent de quoi il retourne... Pour les autres, quelques lignes pour mieux comprendre...
J'ai eu ce que l'on appelle un coup de coeur !
Cela ne s'explique pas... C'est ainsi !
Pour le comédien de théâtre, l'acteur...
Pour le petit mec aussi...
Et comme je vous l'écrivais dans un article consacré à l'écriture de mon premier scénario,
Yani Lotta s'est imposé comme personnage principal...
Le plagiste...
Je n'ai pas à me justifier de ce choix. Même si cela peut paraître incongru.
Juste à dire que cela m'a paru à ce moment là être une évidence et que cela l'est encore.
Du sang sur le sable est en cours de réécriture, avec cette fois plus de technique et de sobriété...
Mais Yani est toujours et plus que jamais cette évidence.
Alors le 14 février dernier, la rencontre prévue depuis des semaines sur Paris.
Une St Valentin... !!!
Sur un trottoir glacial devant le Café d'Edgard...
Nous (j'étais accompagnée de Sabrina, Frédéric et Stéphen) en avance, Kaz
en retard, et Yani qui débarque...
Et paf, la claque...
Prévisible mais délicieuse !
J'ai beaucoup lu sur les impressions des scénaristes, des réalisateurs au moment de choisir leurs acteurs... Ecrire pour quelqu'un, comme le fait par exemple Sylvie
Verheyde pour Karole Rocher (Scorpion, Stella) est un excercice grisant mais périlleux...
J'ai cru m'y brûler les ailes, mais j'ai des amis précieux (et oui, il m'en reste ! Lol !) qui me poussent à poursuivre l'expérience ! Alors ça prendra le temps que ça prendra, mais un jour prochain, le plagiste et tous les autres personnages de mon histoire prendront vie... Je me le suis juré... Et j'y crois dur comme fer.
Donc, trouver le bon interprête, au bon moment, pour la bonne histoire, le bon rôle est une alchimie bizarre, aléatoire, mâtinée d'une énorme dose de chance...
Et c'est là que l'instinct entre en jeu.
Je n'y connais rien remarquez ! Je n'avais jamais fait cela !
Je ne l'avais même jamais rêvé...
Mais là, hé bien c'est arrivé !
L'instinct a parlé !
Décidément oui, c'était Yani le plagiste...
Le scénario a évolué et il colle au personnage trait pour trait ! Plus cynique et plus dangereux...
Et après la réprésentation de Tout fout l'camp, j'ai su que je ne me m'étais pas trompée !
Alors ne voyez rien de tordu ou d'ambigu dans cette déclaration d'amitié...!!!
J'ai juste vu dans ce «petit gars» un vieux reflet...
Le mien il y a 25 ans...
Quand le théâtre me faisait rêver...
Quand les mots des auteurs devenaient les miens...
Quand monter sur scène devant les autres devenaient une seconde nature...
Quand la vie fait que non, décidément, ce ne sera pas ma voie...
Quand la réalité vous rattrape et vous dit «va bosser, cesse de rêver»...
Quand il reste de chouettes souvenirs de textes, de pièces, de lectures...
Quand il reste une trace indélibile et un amour incondtionnel des mots, des comédiens, de la langue française magnifiée sous la plume des grands...
Quand se greffe dessus l'amour des images et que cela porte le nom de cinéma...
Vous comprendrez que ce coup de coeur est une déclaration d'amour à un métier de rêve qui fait rêver...
A travers Yani, c'est toute une «profession» que j'admire...
Ces nouveaux amis qui, chaque jour qui passe, enrichissent ma vie de leurs rôles, de leurs images, de leur projets...
Alors oui, j'ai crée des questions rien que pour lui, sa jeunesse, sa fougue et son talent...
Parce qu'il en a tellement que ça en devient gênant !!!
Voilà mon «Pot de yaourt», ceux qui ne te connaissaient pas vont te découvrir à travers tes mots... Et auront envie de te voir sur scène, en images sur ta page, dans tes courts métrages et
tes délires entre potes ! C'est sûr !!!
Je te souhaite le meilleur, et j'espère qu'un jour le succès fera que ton nom sera sur toutes les lèvres...
Et je serais là...
C'est parti pour les questions ! J'attends depuis si longtemps...
La première peu sembler simple. Mais y répondre honnêtement sous-entend que tu sois bien dans ta tête, planté droit dans
tes baskets !
Yani, dis-moi, en quelques mots, ton métier te rend-il heureux, ici et maintenant ? Et même si tu sors de scène en découvrant les questions et que tu es fatigué !
Ca commence bien ! Ecoute, c’est tout simple. Ce métier pour moi c’est un ange et un démon. Je m’explique. La première fois que j’ai vu une pièce de théâtre, je suis
devenu maladif fou des comédiens. Depuis je n’y suis presque jamais retourné (1ou 2 fois tout au plus). J’avais à peine 10 ans. Comme on dit, j’avais la dalle. Appétit qui a grandit avec moi.
Aujourd’hui j’ai toujours aussi faim et pourtant je monte tous les soirs sur scène. Donc pour répondre, oui, ce métier fait tout mon bonheur, mais il ne sait pas rassasier mon appétit… Donc il me
rend aussi très malheureux.
(Claire : ouais ça commence bien... Tu en as beaucoup des réponses comme celle-là ?)
Je suppose qu'au cours de ta jeune vie, tu as déjà connu des périodes de doute, de frustration... Ont-elles laissé un goût amer ou au contraire, le sentiment que tu as su te
transcender et repartir de l'avant ?
Ma vie est une période de doute. Je fais partie de ces gens qui ont besoin de vivre
dans le chaos pour bouger. J’ai déjà atteint un but, à savoir jouer, trouver quelqu’un qui me dirait : «Ok, tu joues dans ma pièce !» Et c’est déjà pour moi une immense victoire !
Imagine-moi a la RATP en train de remplir des feuilles de tests dont je n’avais strictement rien à foutre… En me disant «Putain Yani, qu’est ce que tu fous… ?» Aujourd’hui j’ai la réponse… et
elle s’appelle Théâtre.
(Claire : j'ai personnellement rien contre la RATP, mais oui, là, ça aurait été dommage ! Théâtre avec un grand T
!)
C'est quoi, d'ailleurs, le «truc» de Yani pour se remotiver, se ressourcer et repartir à l'assaut de son rêve ?
Nul besoin de te motiver à manger quand tu crèves la faim…
(Claire : et toi tu as faim tout le temps ! Si si ! Il a fini mes frites ! Hihi ! Boulimique de vie mon Yani !)
Considères-tu que tu devras passer toute ta vie à apprendre, ou qu'au contraire, tu en
sais déjà bien assez sur ce métier ?
Ahahaaa !! Je pense que ce qu’il faut pour ce métier, c’est se connaître avant tout.
Et je ne me connais pas trop mal… Mais si il y’a une chose qui est sûre, c’est que jamais personne n’en saura assez sur un métier comme l’acting… Imagine un puits sans fond… Qui peut prétendre
avoir bu une goutte de son eau… ?
(Claire : connais-toi toi même... Le reste on s'en tape !)
La formation proposée dans les écoles actuelles te semblent-elles adaptée à la demande ? N'as-tu pas peur d'un formatage
des comédiens ?
Ce qu’il faut c’est trouver la formation adaptée à soi …Pour ce qui est du formatage des comédiens, je dirais que c’est juste bien
dommage… Quoi que… J’ai envie de dire que mon créneau c’est la différence... Dans le fond, ça m’arrange un peu… :p
(Claire : normal ! "Tu" es différent !)
Si tu en avais eu l'opportunité, tu aurais aimé en intégrer une pour un temps ?
J’aimerais avoir le luxe de choisir mon professeur… En école on est général 35 par classe… C’est pas comme ça qu’on approfondit ses
connaissances…
(Claire : effectivement... coach perso ! Y'a pas mieux !)
Quand on te fait un compliment sur ton travail, lorsque tu descends de scène et que tu
rencontres ton public, quand quelqu'un te laisse un commentaire sur ta page, comment réagis-tu ? Aux miens d'ailleurs, tu réponds quoi (hé ouais, je vais enfin savoir !)
Bah, ce qui importe pour un comédien, dans l’absolu, c’est le regard des gens… Chaque compliment me confortera dans le sentiment d’avoir choisis le bon chemin…
(Claire : tu ne t'es pas trompé, rassure-toi !)
Et à l'inverse, face à une critique, justifiée ou non ? (Là je n'en ai pas... Ou alors une seule : j'en veux plus !
Tournes plus... Joues plus ! Je sais je suis exigeante !)
Elles poussent à l’amélioration de mon jeu…
(Claire : y'en a beaucoup ? Non ? Meuh non !)
Ca t'arrive d'être gêné de répondre «comédien» à la question : «Que fais-tu dans la vie ?» parfois
?
Quand je n’avais encore rien fait, que j’étais en formation, je ne supportais pas de dire «Je suis comédien» ! C’est
pas parce qu’on apprend à jouer du piano qu’on est pianiste.
Aujourd’hui, après 200 représentations, je suis fier de le dire : «Oui, je suis comédien !»
(Claire : tu peux... 200 déjà ?)
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté jusqu'à présent, en tant qu'homme, en tant qu'acteur ? Celui qui t'a fait découvrir une part de toi que tu ignorais ?
C’est indéniablement mon rôle dans la pièce. Il m’a fait découvrir ce que c’était d’être investi par un personnage. Ensuite dans BARBARE, de
Sébastien Gillieron, j’ai pu approcher une nouvelle facette du «jeu de l’acteur». Les scènes de torture m’ont appris énormément de choses… sur moi.
(Claire : j'ai hâte de voir le résultat de la collaboration entre Kinder man et toi ! Ah oui !)
Celui qui te fait penser que tu peux poursuivre dans cette voie, qu'elle est faite pour toi ?
Le
spectateur.
(Claire : c'est lui qui décide !)
Au fait tu attends quoi comme prochain rôle ? Un personnage que tu aurais crée ?
J’aime composer des rôles… J’espère que mon prochain projet me le permettra.
(Claire : ça j'attends avec impatience...!)
D'ailleurs, parle-nous de cette passion de l'écriture. Je sais que tu as la tête remplie d'idées, de projets ! Vas-y lâche
tout ! C'est à toi !
J’écris toutes les nuits depuis des années. Poésie, courts, moyens métrages, textes de chansons… Parallèlement à ça je compose.
Musique classique, hip hop, ambiance de films... etc. Je dessine beaucoup aussi… Tout ce qui est artistique tient une place dans ma vie. J’ai un besoin d’expression inépuisable, l’Art est là pour
ça.
(Claire : ... les nuits et les jours...! Quelle vie bien remplie !)
Pour toi, le plus important, ce sont les gens avec qui «tu as fait» ou «ce que tu as fait»
?
C’est le produit fini. Ce que j’ai fait, avec qui je l’ai fait, dans quelles conditions, tout ça influe sur le
produit.
Partager un univers, une aventure, est-il plus important, plus intéressant du moins, que de décrocher un bon rôle
?
Bah chez le comédien décrocher un rôle est la condition sine qua non pour partager ensuite… Le partage reste le but ultime, mais l’un de va pas sans
l’autre.
Partager la scène, c'est bien, mais tout seul, tu y penses ? Ce serait bien non ?
Oui j’y ai déjà pensé… Je n’en sais pas plus… L’avenir nous le dira.
(Claire : proche l'avenir ? Hihi !)
Dans quel état d'esprit abordes-tu tes rôles ? Les prépares-tu tous de la même manière ou cela dépend-il du caractère du personnage, de sa psychologie ? Tu es plutôt
«Actor's Studio» ou «impro sur le tas», à quelques minutes du clap ou des trois coups ?
Un mélange des deux. Je cherche
d’abord à savoir qui est le personnage mais sans trop réfléchir sur comment aborder le texte… Cela je le laisse au feeling...
(Claire : I feel good... !)
D'ailleurs, parviens-tu facilement à te défaire de la «peau de l'autre» ou te hante-t-il longtemps après ?
A la base, mes personnages sont
une partie de moi-même, exacerbée… Je ne m’en défais jamais. Je vis avec eux.
(Claire : même si ton personnage est
obsédé par sa braguette ?)
L'adage veut que l'on choisisse ses amis, et pas sa famille. Les familles du théâtre et du cinéma t'ont-elles apporté sur un plateau des amitiés précieuses
?
Oui carrément. Je ne citerais pas de nom… Ils savent. En tout cas pour les rencontres, c’est le must.
(Claire : et en face je peux te dire c'est tout autant le must ! Je ne regrette pas moi !)
Si tu avais pu intégrer le corps de ton comédien préféré le temps d'un scène, ça aurait été qui et dans quoi ?
Tom Hanks. Sûrement dans Forest Gump. Ou Cast Away (Seul au monde)
!
Pour exercer ce fabuleux métier, penses-tu qu'il faut être :
· orgueilleux ?
· mégalo ?
· schizo ?
· un peu timbré ?
· exhibitionniste ?
· très atteint mentalement ?
· timide maladif en cours de traitement ?
· tout simplement inconscient ?
Je suis de ceux qui pensent qu’un artiste c’est quelqu’un qui est en conflit.
Avec quoi je ne sais pas mais je vois l’Art comme une manière de dénoncer.
Donc pour moi il faut
avant tout être perturbé par quelque chose.
Ensuite, l’orgueil chez le comédien est très souvent une
base.
Etre atteint mentalement permettrait sûrement de faire de belles choses.
La suite dans la seconde partie.
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Et à la suite, la désormais célèbre
série de questions dite «A la Julien Seri» ! Version remasterisée au gré de mes envies...
Qu'est-ce qui te mets en colère ?
Parle-nous un peu de Kaz, Seb, Ludo, Jean, (alors je traduis : Antoine Elizabé, Sébastien Gillieron, Ludovic Baron, Jean
Gardeil) et de tous tes amis réalisateurs et comédiens ! Comment se passent les
tournages et les spectacles avec ces messieurs les frapadingues qui vivent, pensent,
dorment, mangent et boivent cinoche ou théâtre à longueur d'année ?
Alors, au fait ! Quoi de neuf ?
Run, Barbare... et quoi d'autre ?
Tu sais maintenant que je te lâcherais plus... Courage ! Je suis tenace
!
Ange, dis-moi, en quelques mots, ton métier te rend-il heureux, ici et maintenant ? Et même
si tu sors de scène en découvrant les questions et que tu es fatigué !
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté jusqu'à
présent, en tant qu'homme, en tant qu'acteur ? Celui qui t'a fait découvrir une part de toi que tu ignorais ?
D'ailleurs, parviens-tu facilement à te défaire de
la «peau de l'autre» ou te hante-t-il longtemps après ?
La scène (théâtre ou ciné) dont tu es le plus fier
?
La seule situation où tu peux tout lâcher, te
libérer ?
Qu'est-ce qui te fait rêver ?