Et bien je commencerais par préciser à mes lecteurs que j'ai eu un mal fou à rédiger ces
questions... J'ai écris il y a longtemps un premier jet en espérant un jour faire
l'interview d'un producteur de films. Mais je n'en avais jamais eu «besoin» jusqu'à
présent ! Pas jusqu'à la claque, non la double claque, prise l'année dernière (hé
oui, nous sommes en 2008 désormais !) prise lors des visionnages de Scorpion et de Eden Log ! Des films tous les deux produits par Imperia Films... Donc... J'avais le nom de mon cobaye...
Héhé ! Bon consentant le cobaye !
Alors on y va ?
O.k. !
Bonjour Cédric ! Alors la forme aujourd'hui ?
La forme, oui!
En préambule, comment devient-on producteur délégués de films comme Scorpion ou Eden Log, Cédric ?
Résumes moi un peu ton parcours «avant Imperia Films» !
(Parce que sur les moteurs de recherche, désolée, mais j'ai un peu galéré ! Alors plutôt que de raconter des bêtises !)
J'ai grandis à Marseille, que j'ai quittée (tout comme les études) assez jeune (19 ans). Je suis parti à New York, où j'ai démarré une carrière dans la mode.
Ca m'a permis de faire quasi tout le tour du monde, de vivre plusieurs mois (années) dans les plus grandes villes du monde. Cette
expérience m'a permis de rencontrer un grand nombre de gens issus de cultures multiples, de découvrir un grand nombre de différentes perspectives et façon de vivre !
C'était très enrichissant et je me rend compte aujourd'hui à quel point cela est bénéfique par rapport au métier que je fais, son
environnement et sa façon de l'aborder, d'en éviter certains pièges, de le faire pour les bonnes raisons.
Disons que je prévilégie les gens que je pense intéressants, les projets, les envies de cinéma et que je laisse de côté les paillettes
et les ambitions finacières démesurées dont je suis totalement sevré, du fait de mon ancien métier.
C'est peut-être pour cela que mes envies de cinéma sont singulières et axées sur la tentative de proposer de la nouveauté.
Scorpion et Eden Log tirent vers ces envies !
(Claire : monsieur a roulé sa bosse...)
Vivre cinéma, et pour le cinéma Cédric, ça t'est venu quand et comment ?
Il y a sept ans, j'ai posé mes valises à Paris et j'ai rencontré la femme de ma vie, aujourd'hui la mère de mes enfants.
J'ai alors naturellement décidé de construire sur le long terme, en partageant des choses que nous aimons tous les deux profondémment,
le cinéma par exemple...
J'ai
alors fondé COM8 Productions en association avec Joey Starr.
L'objectif était de faire des clips, des documentaires sur la musique, des longs métrages...
On a réusssi les deux premiers, pas le long métrage...
On s'est alors séparé de COM8 et j'ai monté une nouvelle boîte: IMPERIA FILMS en
association avec La Compagnie des Phares et Balises, une grosse production de télé.
L'ambition était alors de ne faire que du long métrage.
Le premier était Scorpion, le deuxième Eden Log.
La rencontre avec Jean Labadie, fondateur et ancien patron de Bac Films a été
déterminante. C'est quelqu'un d'exceptionnel, que j aime beaucoup et à qui je dois beaucoup.
(Claire : piouffffffff ! Break connais pas toi !)
Qu'est-ce qui t'as excité le plus dans tout ça ?
Fabriquer un film, voir naître un projet, le porter, le voir évoluer et le proposer aux gens et quelque chose de magique.
J'aime l'idée de fédérer des gens et rassembler les énergies autour d'un projet.
En production on a la possibilité de bondir d'un univers à l'autre, d'une vision à l'autre par l'intermédiaire des réalisateurs et des
différents projets.
J'adore partager ça avec les metteurs en scène, les scénaristes et tous les protagonistes importants d'un film. Ce sont des aventures
uniques et passionnantes.
J'adore le parrallèle entre la fabrication d'un film et la parenté (d'un point de vue
professionel bien sûr !) dans le rapport trinaire entre le projet le réalisateur et le producteur !
Le projet est
l'enfant, la priorité, l'objet de l'application, de l'acceptation du sacrifice, de l'effort et de l'implication...
Le
réalisateur lui, tel une mère, infante, porte le projet en son sein, avec amour, passion et possessivité, alors que le producteur le protège, dirige et palie à ses besoins en essayant d'encaisser
les problèmes et de les absorber.
(Claire : Wouaw ! Dis comme ça, c'est clair au moins ! Et toi t'es le Tonton producteur ! Hihi !)
Au fait, Cédric, ton job actuel te rend-il heureux ? Répond-il à tes attentes ?
Ca dépend des jours ! Oui bien sûr ! Comment pourrais-je me plaindre, je fais un métier passionnant !
(Claire : ben on s'en doute déjà au bout de trois questions hein !)
As-tu des regrets lorsque tu regardes en arrière ?
Non, et puis cela ne servirait à rien puisque je ne pourrais rien y changer !
(Claire : bien dit ! Ne jamais rien regretter !)
Ta vie d'homme, en dehors des plateaux, en souffre-t-elle ? Attention, question très casse-gueule ! Madame va lire !
Oui parfois. Un métier tel que celui-ci est nourri de passions, de responsabilités, de sacrifices et d'abnégation.
Il
est donc logique qu'il soit vampirisant et qu'il déborde parfois sur la vie privée...
Il n'y a jamais de fin de
journée dans le métier que je fais.
Je me lève avec et me couche avec... Difficile de le faire
autrement.
Mais ça ne m'empêche pas d'être un mari et un père comblé !
Notre vie est un peu "rock" et ce n'est pas plus mal !
(Claire : All you need is love ! Hihi !)
Je suppose que tu as connu, comme tout le monde dans ce monde merveilleux qu'est le cinéma (joke), des moments de galère, de doute et de renoncement ? Comment fais-tu pour revelever la tête et
foncer, encore et encore ?
La foi en ce que je fais et en les gens avec qui je travaille.
Tu as «tâté» de la caméra il y a 5 ans !
Ta première réalisation, «Who is the Boss», enfin en boîte, ton sentiment prédominant, c'était quoi ? Joie, soulagement ou tristesse ?
Certains réalisateurs comparent ce moment du clap de fin à une sorte de redescente douleureuse après un «orgasme cinématographique» ! Raconte un peu cette aventure qu'ont été ces 12 mois à la
poursuite de Joey Starr !
C'est surtout Karole Rocher qui a réalisé ce doc. Ma participation à la réalisation s'est faite par le cours des choses. A la fin, nous étions heureux d'avoir terminé
notre première production, il y avait donc du soulagement et de la joie. En revanche, rien de fusionnel ! Je n'ai pas écrit ce doc. c'était du live, donc il n y avait rien de personnel
là-dedans.
Avec Joey, c'était épuisant, déjanté et souvent drôle !
(Claire : je me doute oui !)
Ca te démange de remettre ça un jour ?
Pas pour l'instant.
Si tu avais pu te glisser pour une journée dans la peau de ton réalisateur préféré, sur le plateau de tournage de ton film culte, tu aurais choisi qui et quel film ?
Il y en a trop !!! Trop de réalisateurs que j'adore, trop de films qui me passionnent...
Bon allez, UN !... Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.
(Claire : un hélico dans la tête toi aussi ?)
Au fait, tes références dans ce métier, c'est qui ?
Aucune idée.
Quelle est la place du net dans ta vie ? Penses-tu que c'est un outil formidable pour «percer» dans ce milieu ?
Perso, je me dis souvent : mais comment pourrions-nous vivre sans ?
Internet occupe une place importante dans mon travail. C'est vrai que c'est un outil formidable de
communication, de découverte et de recherche.
(Claire : merci Myspace !)
Dans ta deuxième vie, hors cinéma, qu'est-ce qui compte le plus ?
Ma femme et mes enfants !
(Claire : là, on te comprends !)
Quelles sont tes trucs pour décompresser, te déconnecter ?
Les escapades dans ma maison en Ardèche avec ma femme et mes filles.
La «soirée idéale» de Cédric, c'est quoi ?
Apaisé par la bonnne fatigue (celle du grand air), au coin du feu dans ma maison en Ardèche avec ma femme et mes enfants, après une journée de promenades, deux ou trois heures de pêche à la
truite en rivière et un bon dîner (champignons frais, gigot, fromage et vin de pays).
(Claire : tu m'étonnes ! Je connais bien le coin... Un petit St Joseph ?)
Comment te vois-tu dans 10 ans, 20 ans, 50 ans ? Moi, je te souhaite un IMDb de quatre pages et des statuettes dorées plein les étagères de ton bureau de L.A. ! C'est dit !
10 ans, toujours à faire des films, auprès de ma femme et mes enfants.
20 ans, moité films, moitié campagne et vie paisible.
50 ans, campagne depuis 20 ans ! Plein de petits enfants et arrière-petits enfants qui m'appelle papi !
(Claire : Papi ! Tu choisis les gendres ? Ah la De Niro ?)
Es-tu de ceux qui pensent, comme moi, qu'il faut se donner les moyens de vivre ses rêves, histoire de ne rien regretter plus tard ?
Evidemment !
En quelques mots, comment définirais-tu le cinéma ? Usine à rêves ? Expérience jubilatoire ? Monde merveilleux des emmerdements à n'en plus finir ?
Raconter des histoires, porter des messages, créer des émotions, que ce soit de la joie, de la tristesse, de la peur, une sensation de voyage... Chaque émotion a son lot de vitalité
primordiale.
(Claire : séquence philosophique... Hé bé...!)
Bon, c'est le moment des questions qui fâchent
!
Scorpion et Eden Log ont été mal distribués.
Expliques nous un peu ton point de vue et ton sentiment sur tout ça ! Je ne te cache pas que
j'attends depuis longtemps de connaître enfin ton avis et ta version...
J'ai lu ce que j'ai trouvé, autant dire pas grand-chose !
Je suis fatigué de parler de ça.
Disons que la France a du mal a accepter de bousculer ses habitudes et que la
nouveauté est souvent synonyme de rejet.
Il faut continuer à proposer des films différents pour participer à
l'éducation du public dans un cinéma français différent et le métier suivra.
Il faut d'abord que le public suive les
premières tentatives pour que les professionnels se penchent dessus plus sérieusement.
Ce qui est, c'est que les
protagonistes du métier, en Europe et dans le reste du monde, regardent et s'intéressent de plus en plus au cinéma de genre français.
Eden Log et Scorpion ont très bien marché sur les marchés internationnaux par exemple.
Il faut donc s'appliquer à continuer, car un courrant positif doit être transformé en établissement durable.
(Claire : les spectateurs seraient-ils plus ouverts hors de France ?)
Tu as eu la trouille ou
étais-tu tout simplement salement véner ?
J'étais en colère car les efforts fournis méritaient une considération plus importante que celle que l'on a vécu.
La
sortie en salle est une étape importante et excitante que l'on attend avec une certaine impatience.
C'est magique de
présenter son film au public de son pays et quand il est présenté de cette façon, on a les boules !
En revanche, la
trouille, non ! Ce n'est pas une question de pression ou d'ultimatum de quelque sorte, les deux films sont un réel succès sur l'internationnal et Scorpion cartonne en
vidéo (Eden Log bientôt aussi j'espère. Julien, Franck et moi continuerons à faire des films ensemble car le bilan est dans l'ensemble très
positif, tant sur un plan artistique qu'économique pour les partenaires et nous-même !
(Claire : vive la suite ! Moi j'ai hâte !)
Déçu et en rogne pour les personnes qui t'ont fait confiance et se sont investis dans ces projets ?
Oui bien sûr !
Cela compromet-il les projets à venir d'Imperia Films ?
Absolument pas, au contraire !
Le risque et la montée d'adrénaline, tu aimes ?
Oui, beaucoup !!! J'ai toujours été comme cela !
(Claire : change pas surtout !)
Tu as déjà pensé à abandonner la partie ?
Si... Mais NON !
(Claire : noooooooooooon !)
Lorsque tu lis un scénario, tu attends quoi des mots qui défilent devant tes yeux ?
Une histoire, des personnages, des sensations, une vision...
Le rapport de faisabilité aussi... Pas mal de choses en
fait !
J'ai une grande question un peu personnelle à te poser : il est
comment, Julien Seri, dans la vraie vie ? (vas-y, lâche tout, Patator t'en voudra pas, va !)
Julien est un mec droit, honnête et profondémment fidèle en amitié.
C'est une brute de travail et un
hyperactif.
Il est courageux et toujours partant.
Un mec que j'aime vraiment énormément !
Un véritable ami !
(Claire : déclaration... d'amitié... c'est beau ça !)
Vous deux, c'est pour la vie ?
C'est pas mon mec ! Je suis déjà marié !
Non sans rire, Julien pourra toujours compter sur moi.
C'est mon ami.
(Claire : pour la vie... chabadabada... Hihi !)
Alors, la vie est belle, Cédric ?
Je crois oui.
(Claire : ben voilà ! POSITIF !)
Fin de la première partie...
Visitez la page myspace d'Imperia Films : ICI