Avant de commencer cette interview, à l'intention des visiteurs qui ne connaissent pas encore ce blog, je tiens à préciser
que j'ai fait la connaissance de Bernard via
son blog il y a presque un an maintenant ! Au
départ, comme
lectrice, puis comme commentatrice. Il est vrai que depuis la déferlante Indigènes et le succès du film lors du Festival de Cannes
2006, et le Prix d'interprétation qu'il partage avec ses quatre compères, le visage de Bernard vous dit sans doute quelque chose ! Vous l'avez peut être reconnu cet été dans Mystère sur
TF1, dans le rôle de Castaneda ! Ces précisions apportées, vous constaterez, en surfant sur mes pages, que j'ai déjà consacré de nombreux
articles à Indigènes et à la carrière de Bernard ! Ne manquait plus donc qu'une interview, suite logique à une rencontre il y quelques jours en Dordogne ! Bref, mais
intense, et à renouveller !
Bonjour Bernard ! Et tout d'abord, merci de te livrer ainsi au jeu des questions-réponses !
Ravi de répondre aux questions de l’aventurière Guyano-limousine !
Tout le plaisir est pour moi ! Bernard, dis-moi, en quelques mots, ton métier te rend-il heureux
?
Oui, mon métier me rend d’autant plus heureux que j’en ai fait d’autres et que je connais la
chance et le plaisir que j’ai de le faire.
Je suppose qu'au cours de ta vie, tu as
connu des périodes de doute, de frustration... Ont-elles laissé un goût amer ou au contraire, le sentiment que tu as su te transcender, dépasser les échecs et foncer la tête haute
?
Je n’ai pas le sentiment d’avoir vécu d’échecs. Tout juste des accidents de parcours
nécessaires à l’humilité et à la progression. Jamais d’amertume. Je me dis que le jour où l’on ne voudra plus de moi, je ferai autres chose et cette idée ne me pose aucun problème.
C'était quoi, d'ailleurs, le « truc » de Bernard, pour se remotiver, se ressourcer et repartir à l'assaut
des castings, avant le succès et la reconnaissance de tes pairs ?
Toujours avancer. Et puis j’ai
horreur du vide et de l’inactivité. Dès que j’ai deux secondes, je m’occupe, j'échafaude des projets dans tous les domaines. Toujours besoin de construire, de projeter.
Considères-tu que tu devras passer toute ta vie à apprendre, ou qu'au contraire, tu en sais déjà bien
assez sur ce métier ? La formation proposée dans les écoles actuelles te semblent-elles adaptée à la demande ? N'as-tu pas peur d'un formatage des comédiens
?
De toute façon, oui, je pense qu’on passe sa vie à apprendre. Qui peut dire qu’il en connaît
assez, dans quelque domaine que ce soit?
Par rapport aux écoles, je ne crois pas aux vertus de l’apprentissage, du savoir partagé. La formation n’est qu’un moyen de se confronter aux autres, de rencontrer et d’exercer sa passion
(éventuellement). Ce n’est qu’un sas par lequel on construit son avenir en piochant deux trois trucs et en commençant à tester, essayer, pratiquer.
Les acteurs formatés sont ceux qui pensent qu’ils ont tout à apprendre de leur formation...
Quand on te fait un compliment sur ton travail, comment réagis-tu ? Et à l'inverse, face à une
critique, justifiée ou non ?
Je me méfie des compliments, sauf quand ils viennent de gens que je
ne connais pas et dont les yeux s’illuminent de sincérité. Les critiques, celles de la presse, je les guette. Enfin, les bonnes. Pour celles qui viennent d’amis ou de connaissances, je les
prends. Parfois elles sont utiles, parfois gratuites et fondées sur l’histoire du critique. Mais en théorie, je pars du principe que, quoi qu’on fasse, même si c’est objectivement mauvais, il se
trouve des gens pour adorer et d’autres pour critiquer. Mais ce ne sont que des points de vue. J’essaie de garder le mien.
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté, en tant qu'homme, peut-être plus qu
'en tant qu'acteur ?
Celui qui t'a fait découvrir une part de toi que tu ignorais ?
Coco dans Peau d’homme, coeur de bête d’Hélène Angel, Martinez dans Indigènes, le père dans Tel père, tel
fille et... pfff
Hors plateaux, que fait Bernard pour occuper ses journées ? Internet est-il un outil de plus, avec son
ouverture sur le monde, pour mener à bien une carrière de comédien ?
Hors plateau, je fais de la
musique, j’essaie d’écrire, je marche, je vais au ciné, je drague, je fais de la sourcellerie, mon blog, je vis...
Internet est une véritable révolution. Une ouverture sur la connaissance, le monde, les autres. On n’a pas suffisamment conscience de la chance que l’on a.
Par rapport à ma “carrière”, ça n’apporte pas grand chose. Je ne vais pars chercher les rôles, les castings. Ils viennent tout seul ou ne viennent pas. En tout cas, ça ne passe pas par là mais
par le travail.
Pour toi, le plus important, ce sont les gens avec qui « tu as fait » ou « ce que tu as fait » ? Partager
un univers est-il plus important, plus intéressant du moins, que de décrocher un bon rôle ?
1 –
Le scénario (ce qu’il raconte) 2 – Le rôle (pas son importance mais sa consistance) 3 – les gens. Mais le classement varie selon les projets. Pas de principe !
Parles-nous un peu de ton actualité, des tes projets de tournage et des films déjà en boîte que tu as
tourné récemment !
Pfff, j’avais pas vu que c’était aussi long !
Un acteur n’a pas d’actualité. Tu as pu voir en suivant ce blog que les rôles tombent peu de temps avant les tournages. Et ceux qui sont sur des scénarios qui sont en début de production (j’en ai
deux ou trois comme ça), je n’en parle pas car le cinéma est trop fragile pour se permettre de rêver sur des projets qui ne sont pas lancés ou totalement financés.
On attend la sortie du Louis la Brocante fin septembre, début octobre, du Charlotte Corday début 2008, du
Maupassant en mars et de La main courante dont la sortie en salle devrait avoir lieu également en 2008. Peut-être fin
2007.
Après, les choses sûres : un tour de chant le 7 octobre, la tournée de mon spectacle, un court métrage de Camille Bialestowski qui a écrit un rôle pour moi et qui me demande de faire la musique,
un autre de Cyril Pottier, un documentaire en tant que réalisateur et tous les tournages dont j’ignore plus ou moins l’existence.
(Je me permets de préciser une date : le 17 novembre, à Rochefort ! Ton spectacle Enfin disponible au théâtre de la Goulée d'or ! J'y serais
!)
Dans quel état d'esprit abordes-tu tes rôles ? Les prépares-tu tous de la même manière ou cela
dépend-il du caractère du personnage, de sa psychologie ? Tu es plutôt « Actor's Studio » ou « impro sur le tas », à quelques minutes du clap ou des trois coups
?
Impro sur le tas et travail inconscient en amont.
D'ailleurs, parviens-tu facilement à te défaire de la « peau de l'autre » ou te
hante-t-il longtemps après le clap de fin ou la dernière représentation ?
Les rôles habitent
quoi qu’on en dise. Mais je n’ai aucun mal à m’en défaire. A peine terminé, je suis aussitôt parti sur autre chose. Bon c’est vrai que sur Indigènes, par
exemple, après quatre mois de tournage, il m’a fallu un peu de temps...
L'adage veut que l'on choisisse ses amis, et pas sa famille. Les familles du théâtre et du cinéma
t'ont-elles apporté sur un plateau des amitiés précieuses ?
L’amitié dans le théâtre : c’est
rare. Dans le cinéma, aussi. On rencontre tant de monde, tant de gens cons et formidables que les meilleurs amis, les plus fidèles, ce qui durent, sont souvent en dehors. Exception faite de ceux
du début de carrière, quand on ne sait pas encore comment ça marche et que l’on donne tout son affect aux gens que l’on rencontre.
D'après ton expérience personnelle, le public considère-t-il encore trop souvent ce métier comme futile et
par définition, facile et grassement payé, et confond-il encore trop souvent célébrité rapide et talent véritable ?
Le public est fasciné par la chose médiatique. On ne le changera pas. On n’est pas dans le réel mais dans le fantasme. Chacun y met des trucs plus ou moins bizarre.
Personnellement, le public que j’aime, c’est celui que je croise à la sortie de la salle de théâtre ou de cinéma ou celui qui m’arrête dans la rue pour me féliciter de tel ou tel Martinez. Et si
je fais le Blog, http://www.blancan.org/, c’est pour rectifier les images et les ramener à mon réel.
Face à des inconnus, qui ignorent tout de tes activités, il t'arrive encore de « flipper » au moment de
dire : « je suis comédien » ?
Non, je ne flippe pas. Après, je suis amusé de constater que ceux
qui ne me connaissent pas du tout m’ignorent (ce qui prouve que je n’ai pas une tête d’acteur) ou se prennent de compassion : pas trop difficile? Tu en vis?
Allez, un petit délire, après ces questions existentielles ! Pour exercer ce fabuleux métier, penses-tu
qu'il faut être :
· orgueilleux ? oui
·
mégalo ? non
· schizo ? oui
· un peu timbré ? Pas
obligé
·
exhibitionniste ? non
· très atteint mentalement ? Non, pas obligé
· timide maladif en cours de traitement ? C’est
souvent le cas
·
tout simplement inconscient ? Oui et non
Faut-il se mettre en danger, pour vivre pleinement sa vie
d'homme, de comédien ?
Evidemment !
Considères-tu que la France est le pays du cinéma par excellence ? Pourrais-tu être tenté par les sirènes
étrangères, du côté de L.A. ou New York ?
La France est un pays de cinéma. Parmi d’autres.
J’adore le cinéma asiatique, anglais, nordique, américain, argentin... Mon rêve est de jouer en espagnol. Ça ne sera donc pas à L.A.!
Une question bateau : qui sont tes idoles, tes modèles, dans ce métier
?
Pas d’idole, pas de modèle. Si ce n’est Immamura parce qu’il avait une liberté de ton, une intelligence, une finesse exceptionnelles et qu’il ne faisait jamais deux fois le même film. Et qu’il a compris que les sujets
graves n’interdisent pas la sensibilité et l’humour.
Le nirvana, pour toi, c'est quoi ?
Jouer un rôle de sourcier avec une belle chérie.
Comment te vois-tu, dans 10 ans, 20 ans ?
Aucune idée mais heureux.
Une dernière pour finir, avant de te laisser conclure cet interview à ta façon : ton plat préféré, celui
pour lequel tu te damnerais, si ça n'est pas déjà fait ?
Une entrecôte échalotes avec cèpes et
pommes sarladaises accompagnée d’un Pommerol.
Je te laisse carte blanche pour le mot de la fin ! Et encore merci d'avoir partager ces instants avec moi
et mes lecteurs au travers de ce blog ! Merci Bernard ! Et à bientôt sur nos écrans ou sur scène !
Bravo à toi Claire pour ce questionnaire dont pas mal de journalistes pourraient s’inspirer. Des bises !
Bernard Blancan



Seri mon
ami pour la vie...









































































Antoine Elizabé, né le 14 avril 1981 à Grenoble ! Il me manque 6 dents ! Je me suis cassé les deux bras, un pied, le nez et les genoux
!
catastrophe !)
Graphiste PAO/Web Designer, j’ai une maman
artiste peintre. Il y avait quelques gènes artistiques
Fontainebleau, la nuit, par
exemple)
le tournage de
Je suis
un vrai gamin, quand j’étais petit, j’avais une ville en Legos, avec police, voitures, armes, hélicoptère, méchant et héros !!!
Références en
tant que réalisateur, j’en ai cité quelques-un plus haut.
le plus ? Quelles sont tes
trucs pour décompresser, te déconnecter ?