Partager l'article ! Interview de Simon Astier - Livre I: Comme je vous l'annonçais il y a plusieurs semaines, Simon Astier a bien voulu répondre à mes questio ...
Comme je vous l'annonçais il y a
plusieurs semaines, Simon
Astier a bien voulu répondre à mes questions !
Je ne vous cache pas qu'il a, ce faisant, répondu à un petit fantasme de fan !
Kaamelott et son prince Yvain, que de souvenirs télévisuelles tout au long des cinq premières saisons !

Puis vinrent Off Prime, Hero Corp et John le super-héros... Bref, que du bon...
Ses réponses furent longues à me parvenir, et ce fut ensuite mon ordinateur qui
fit des siennes (les virus et leurs conséquences!), avec en plus la préparation de la soirée du 28 février dernier, durant laquelle j'ai d'ailleurs retrouvé son compère
Alban Lenoir !
Bref, enfin voici les réponses d'un petit trublion hyper doué qui n'a pas fini de faire trembler la planète télé de son humour dévastateur !
Et c'est parti pour la première salve des questions !!!
La première peut sembler simple. Mais y répondre honnêtement sous-entend que tu sois bien dans ta tête, planté droit dans tes baskets (enfin dans les choses que tu as aux pieds ! Si t'es en
chaussettes ça marche aussi !) !
Simon, dis-moi, en quelques mots, ta passion de comédien te rend-elle heureux ? (si tu réponds non on te croira pas, fais gaffe !)
Mon métier de comédien ne me rendait pas heureux, j’aime pas attendre, ça me fait peur, du coup j’ai commencé à écrire et à faire,
et là, ça m’a rendu heureux.
(Claire : on s'en doute !)
Ca t'es venu quand et comment d'ailleurs, ce besoin de «faire l'acteur ?»
Vers 7 ou 8 ans.
(Claire : précoce le
mouflet !)
Quand (à deux minutes près hein ! On va pas chipoter t'inquiètes pas !) as-tu pris conscience que pour la carrière d'ingénieur en
aéronautique c'était mort et que tu serais de toutes façons comédien vu qu'il n'y a que ça qui t'éclate les neurones ? (reprise du souffle... la vache c'est dur...)
Je voulais être
météorologue très précisément, sur le Mont Lozère, et c’est le jour où j’ai commencé à bosser à la BNP que j’ai vraiment compris que je devais faire autre chose
!
(Claire : ben la BNP a perdu gros...TRES GROS
!!!)
Je suppose qu'au cours de ta jeune vie (si si, jeune enfin !), tu as déjà connu des périodes de
doute, de frustration...
Ont-elles laissé un goût amer ou, au contraire, le sentiment que tu as su te transcender et repartir de l'avant et te prouver que tu étais sur la bonne voie (t'as lu ça... formulée classe la
question hein ? Je me mets au niveau de l'«homme» moi !)
Au début c’est dur, et puis j’ai appris à digérer, c’est très récent. Du coup après tu te sens tellement mieux et tu es
plus serein. Maintenant après chaque projet je vois les choses différemment. En même temps je suis assez addict au travail et aux sensations que procure la sur-activité.
(Claire : boulimique de travail ? Ouais t'as raison ! Le travail c'est la santé !)
Que fais-tu alors Simon pour te remotiver, te ressourcer et repartir à l'assaut de ton rêve ?
Ben je dors, je vois mes
copains et je mange bien, ce que je ne peux pas faire quand je bosse. Ça me suffit.
(Claire : bref en période de tournage t'es un zombie affamé en
manque de sommeil... !)
Lorsque tu ne tournes pas, à quoi occupes-tu tes journées, hormis mater la télé bien sûr... ? Ecrire, créer..?
Ben dans le prolongement de la réponse d’avant, je
parcours la France pour voir mes potes. J’aime bien apprendre des trucs aussi et prendre le temps de voir ou lire ce que j’ai en retard !
(Claire : optimisation du temps de repos
!)
D'ailleurs, ta vie, en dehors des plateaux, souffre-t-elle de cette boulimie télévisuelle ?
Je regarde peu la
télé, sauf Planète (parce qu’on apprend vachement de trucs, quand même), Comédie pour les redifs de Friends, et Infosport (pour les résultats
NBA).
(Claire : bah si Comédie n'existait pas... On
s'emmerderait ferme non ?)
Sur un tournage,
racontes nous ce que tu redécouvres à chaque fois avec plaisir ?
Les dialogues dans la bouche des comédiens à la mise en place. L’équipe qui se forme et qui se soude autour du
projet. Le sentiment de faire partie d’une troupe.
(Claire :
Tite famille quoi !!)
Jusqu'à aujourd'hui, quelle fut ta plus belle émotion de tournage, celle qui te
met les larmes aux yeux quand tu y penses (mais si tu pleures des fois...)
?
Le dernier jour de tournage d’Hero Corp en France quand avec ma première assistante, Isis, on s’est pris dans les bras, on s’est dit :
“on l’a fait!”.
(Claire : bah tu peux être fier !)
héros quand même hein !) ou intimiste (genre déclaration et
bisous langoureux dans Hero Corp !)
Considères-tu que tu devras passer toute ta vie à apprendre, ou qu'au contraire, tu en sais déjà
bien assez sur ce métier pour ravir les foules en délire ?
Je trouve que c’est un des trucs les plus intéressant de ce métier, c’est qu’on passe notre vie à apprendre et à
comprendre des trucs. Du coup, tu passes ton temps à faire des petits réglages, c’est passionnant.
(Claire : tout se bonifie avec le temps, y compris le talent !)
La scène, c'est la base de tout pour toi
?
C’est là où je vais chercher les comédiens en
général. J’ai grandi dans des théâtres. Sur scène et dans le public on assiste à de très belles choses, ça peut parfois être indescriptible.
(Claire : et sur scène pas de prises multiples !!! Héhé
!)
«Entre deux», avec Alban Lenoir, sur
scène, racontes-nous ce que cette pièce a changé dans vos vies ?
C’est le point de départ. Les castings c’est pas fait pour moi, alors on a décidé de s’écrire des trucs qu’on
voulait jouer. On a rencontré CALT grâce à ce spectacle et tout s’est enchaîné jusqu’à aujourd’hui.
(Claire : petit extrait ! Trop bon !)
La formation proposée dans les écoles actuelles te semblent-elles adaptée à la demande ? N'as-tu pas peur d'un formatage des comédiens
?
J’ai pas d’opinion là-dessus. Je pense que les talents se démarquent toujours, peu importe le cadre et la formation. Les parcours différents peuplent ce milieu de gens très
différents, et c’est très intéressant.
(Claire : faut de tout pour faire ce monde-là...)
Quand on te fait un compliment sur ton travail, comment réagis-tu, en vrai, sans tricher ?
Ça me fait toujours plaisir. C’est marrant de
voir ce que les gens aiment dans un projet, c’est rarement la même chose et c’est souvent surprenant.
(Claire : ah le public et ses contradictions
!!!)
Et à
l'inverse, face à une critique, justifiée ou non, même si je doute que cela arrive souvent ?
Ça me fout toujours un coup, surtout les insultes gratuites sur internet et les gens
qui ne se rendent pas compte du boulot que ça représente et de l’énergie que ça demande. En revanche quand les critiques sont constructives et justifiées, je m’en nourris toujours. (en général
c’est celles qui commencent par : je pense que… ou, je trouve…)
(Claire : de acuerdo... On apprend de ses erreurs ! Et surtout des critiques
argumentées ! Le reste...)
Cela t'arrive d'être gêné de répondre «comédien» à la question : «Que fais-tu dans la vie ?» parfois
?
Parfois.
(Claire : ça va passer t'inquiètes !)
Quel est le rôle qui t'a le plus apporté jusqu'à présent, en tant qu'homme,
en tant qu'acteur ? Celui qui t'a fait découvrir une part de toi que tu ignorais
(introspection intense... Te foules pas les neurones quand même hein !) ?
J’aborde les rôles différemment à chaque fois. Chaque expérience est enrichissante mais je
garde toujours une distance. J’adore travailler un rôle, chercher des trucs, composer, mais je mélange pas mon métier avec une psychanalyse. J’aborde un personnage toujours avec respect sans le
juger et à chaque fois c’est intéressant.
(Claire : et garder le meilleur de chaque expérience !)
Ecrire pour soi, ses potes et sa famille... C'est pas un peu difficile à maîtriser parfois, cette omniprésence
?
Y’a pas d’omniprésence, je fais venir mes potes et ma famille souvent mais je ne peux pas concevoir ce métier sans un esprit de bande. Une bande que j’agrandis à chaque projet
pour rencontrer des nouvelles personnes et ouvrir le cercle. C’est pas une mafia mais une bande. Quand je fais appel à quelqu’un que je connais c’est parce que je sais comment il joue et que ça
correspond.
(Claire : tu sais très bien t'entourer !)
Au fait tu nous prépares
quoi comme prochaine mouture de Simon Astier au pays merveilleux de la comédie ?
Pour l’instant j’aimerai faire une saison 2 d’Hero Corp, et puis retourner au théâtre. Après je
réfléchis au cinéma mais je n’ai pas envie d’arriver avec une idée banale. Je veux arriver avec un truc bien à raconter.
(Claire : ben tant qu'à faire
!!!)
Pour toi, le plus important, ce sont les gens avec qui «tu as fait» ou «ce que tu as fait» ?
Ben on fait des
trucs avec des gens, alors c’est lié. Hero Corp c’est cette équipe formidable, ce rassemblement autour d’un projet sans argent, dans une ambiance de court-métrage. Je ne peux pas dissocier un
projet de son équipe. Du coup je réponds pas vraiment à ta question.
(Claire : meuh si m'sieur !!! Faire avec des gens, des vrais... C'est limpide
!)
Partager un univers, une aventure, est-il plus important, plus intéressant du moins, que de créer un personnage qui te rendra encore plus célèbre que tu ne l'es maintenant après
Kaamelott, Off Prime et Hero Corp (si c'est possible vue ta notoriété grandissante et je fayote si je veux, na !) ?
Je ne suis pas intéressé par la célébrité, mon Dieu, c’est pas
mon truc. Je veux raconter des histoires et avoir un certain confort pour le faire.
(Claire : bah tu devrais commencer à être à l'aise non ? En tous
cas merci pour l'interview, effectivement réalisée sans prise de tête de star, ce qui devient rare!)
Dans quel état d'esprit abordes-tu tes rôles (bon, vu que tu les écris...)
?
Les prépares-tu tous de la même manière ou cela dépend-il du caractère du personnage, de sa psychologie ? Et pis je veux savoir comment on se prépare pour devenir le frère de roi le plus
frapadingue que la terre ai porté... Ca me turlupine depuis les premiers épisodes de Kaamelott cette question...
Je cherche avant mais aussi sur le moment. J’essaie de me mettre
dans un cadre, d’imaginer le fonctionnement du personnage.
(Claire : ah ben ça doit parfois fonctionner en mode "off" non
?)
Tu es plutôt «Actor's Studio» ou «impro sur le tas», à quelques minutes du clap ? Tu lâches tout et les autres suivent ou faut se
payer des pages de tartines à apprendre pour jouer avec toi ?
Quand un texte est bien écrit c’est une partition de musique alors j’essaie d’être le plus fidèle possible au texte.
Certains, en revanche aiment l’impro comme base de travail, je l’ai toujours utilisé comme un plus quand on a déjà ce qu’il faut dans la boîte.
(Claire
: une petite touche perso ça fait toujours du bien !)
D'ailleurs, parviens-tu facilement à te défaire de la «peau de l'autre» ou te
hante-t-il longtemps après ? Le Chevalier a-t-il laissé des traces dans ton psychisme ? Hein ?
Ça rejoint une des questions précédentes, c’est mon boulot, pas une
psychanalyse.
(Claire : la tête sur les épaules !)
Dans ta deuxième vie, hors télé,
écriture et comédie, qu'est-ce qui compte le plus ?
Les gens que j’aime.
(Claire : normal !)
L'adage veut que l'on choisisse ses amis, et pas sa famille. Toi tu as la chanche inouïe d'avoir une famille 100 % artistique (papa, fréro...)
!
Mais la famille de la télé t'a-elle apporté sur un plateau des amitiés précieuses ? (Si tu réponds non, j'en connais un qui va faire la gueule grave... Hein Alban ?)
J’ai rencontré beaucoup de copains effectivement, même quelques amis, il y a aussi beaucoup de gens étranges et un bon nombre de connards, c’est un peu comme dans la vie,
quoi.
(Claire : carrément... Hihi !)
Si tu avais pu intégrer le corps de ton comédien
préféré le temps d'un scène, ça aurait été qui et dans quoi ?
C’est pas mon comédien préféré, mais la scène dans Incassable où Bruce Willis montre à son fils qu’il est un héros
en lui passant un journal. C’est muet et c’est super beau, je trouve.
(Claire : film à revoir !)
Une question bateau d'ailleurs : qui sont tes idoles, tes modèles, dans ce métier
?
Pour exercer ce fabuleux métier, penses-tu qu'il faut être :
· orgueilleux ? forcément un peu
· mégalo ? pareil
· schizo ? non
· un peu timbré ? non
· exhibitionniste ? un peu aussi
· très atteint mentalement ? non
· timide maladif en cours de traitement ? je le suis
· tout simplement inconscient ? d’une certaine manière
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