publiée le 26 décembre 2007 par Stedim
Premier long-métrage de Franck Vestiel, porté par l’acteur Clovis Cornillac, Eden log sort aujourd’hui même sur quelques écrans français. Mauvaise
surprise pour le réalisateur lorsqu’il apprend il y a peu, le faible nombre de salles qui projetteront ce film.
Car au-delà de la qualité d’Eden log que nous n’avons pas encore vu, mais dont la bande-annonce laissait présager le
meilleur, c’est une véritable polémique qui commence à enfler derrière ce film, celle du droit à la diversité culturelle. Avec seulement 66 salles dans toute la France, la survie d’Eden Log dépendra grandement de son score dans les tous premiers jours.
Franck, quelle est ton humeur du jour
Pour ne rien te cacher, moyenne à la lecture du nombre de salles
annoncées pour la sortie. La sortie en salle dans son pays représente un aboutissement du projet plus que la vente à l’étranger ou la sortie du DVD, qui font aussi partie de la carrière d’un
film. Là, j’ai l’impression de prendre une balle dans la jambe sur la ligne de départ. Il faut peut-être que je reconsidère tout ça.
Ca fait combien de temps que tu vis avec Eden Log au quotidien ?
De façon quotidienne, depuis un an et demi. Une vie professionnelle pour ce qui est d’arriver à ce qu’on vous confie les clés d’un film. Évidemment
beaucoup plus en ce qui concerne les thèmes qu’aborde le film.
Peux-tu nous faire le pitch en quelques mots pour celles et ceux qui auraient manqué les teasers et le
trailer ?
Un homme se réveille dans un monde qui lui est inconnu, souterrain, il remonte vers la surface au fur et à mesure qu’il remonte sa propre histoire
et celle du lieu.
Accepterais-tu de nous décrire le film en 5 adjectifs ?
J’accepterais bien volontiers, j’en suis totalement incapable. Le recul manque un peu. Radical, cohérent et sincère en tout cas, je
l’espère.
On dit d’Eden Log qu’il est un "film de genre", que doit-on comprendre par là ?
C’est lié à une classification. Le film répond à un certain nombre de codes. Mais si on commence à établir la liste des genres et des sous-genres,
on va rapidement s’apercevoir qu’on en a bientôt autant que de films.
Pourquoi doit-on aller voir Eden Log ?
J’espère qu’il est une alternative à un cinéma plus largement diffusé en France. Une proposition différente. Mais personne ne doit aller le voir,
il faut surtout en avoir envie.
Quel type de réaction cherches-tu à provoquer chez le spectateur ?
Un moment d’évasion. Un simple voyage que j’ai souhaité le plus immersif possible.
Parlons des choses qui fâchent : Eden Log est projeté dans 66 salles en France, ce qui n’est quasiment rien. Comment
expliques-tu cela ?
J’ai très franchement un peu de mal à l’expliquer. On savait que le film aurait une couverture modeste. Là, elle est presque inexistante. 2/3
salles sur Paris, rien à Marseille ou Lyon par exemple. Même si il n’a jamais été question d’une sortie démesurée, on s’attendait au double de salles. Je trouve le refus de distribuer violent,
voire injuste.
Qui donc n’a pas osé miser sur ton film ? Et était-ce, selon toi, un vrai risque que de programmer Eden
Log ?
Un film est toujours un risque. Rien n’est jamais gagné. J’aurais préféré que ce soit le public qui le refuse, il n’a pas besoin qu’on lui trie ce
qu’il doit voir ou pas. C’est en tout cas, l’argument qu’on entend souvent ici, celui de la diversité culturelle. De plus, je suis sûr qu’il y a un public ici pour le genre, un public très
sous-estimé.
La participation de Clovis Cornillac n’aura donc pas suffit ? A quel point s’est-il investi ?
Totalement. Dans la production. Dans la motivation. Dans son métier de comédien. Dans le poids qu’il n’a pas hésité une seule seconde à mettre pour
la promotion.
J’ai cru comprendre que, a contrario, Eden Log a été très bien vendu à l’étranger. La France est-elle
typique de cette ciné-cécité ?
Je crois que c’est un peu partout pareil. L’exotisme trouve toujours un intérêt supérieur. Que Jean Labadie, l’homme
à la dizaine de Palme d’Or (dont cette année encore) soit viré de BAC FILMS (distributeur du film), société qu’il a fondée, est un signe fort, incompris par les
étrangers que j’ai rencontrés.
Toi, Franck Vestiel, tu sembles déjà avoir une certaine reconnaissance de la part de certains pros du fait que tu as bien
roulée ta bosse avant de te lancer dans la réalisation. Il se dit même que tu aurais un talent certain. Le revendiques-tu ? As-tu conscience de cette réputation
naissante ?
Euh … ah bon ? C’est toujours mieux à entendre qu’un coup de pied au cul à prendre …
Quel est l’aspect de ton métier que tu préfères ?
Les rencontres, le travail d’équipe, le mélange des idées et des savoir-faire.
Quel est l’aspect de ton métier que tu détestes ?
Le cinéma est un sport de riche. La majeure partie du temps consiste à parler d’argent, d’économie. Le quotidien de la fabrication d’un film
démystifie beaucoup.
Tiens, au passage, quelle musique écoutes-tu en ce moment ?
Les camarades Seppuku. Ils ont fait la musique du film, ils sont plein de talent. Ils attaquent déjà un deuxième film
(Martyrs de P. Laugier).
Qu’as-tu dans tes poches, là, de suite ?
Mes mains.
Question de candide : c’est quoi le titre de ton prochain film ?
Ca pourrait être "Va faire un tour ailleurs" ou "Dégage"… J’espère que ce sera plus "Essayons encore une fois"…
Vers qui m’envoies-tu pour ma prochaine interview ?
Mon producteur par exemple … Cédric Jimenez.
Franck Vestiel, un message à passer ?
À l’assaut de ceux qui ont programmé le film le 26 décembre !
Nous, on sera à l’Orient Express.
Site officiel : http://www.bacfilms.com/site/edenlog/