"C'est quoi l'arnaque ?"
Le DVD est arrivé par la Poste.
J'avais contacté Mustafa par commentaire via sa page Myspace il y a quelques jours. Le trailer de Spleen City m'avait beaucoup plu. Il m'a proposé gentiment de m'envoyer le film.
Voilà, j'ai visionné. 5 fois !
Comme je le lui expliquais hier soir, une fois pour découvrir, une fois pour suivre les deux héros, une fois pour suivre les rôles secondaires, une fois pour les décors, les petits détails... et
enfin une dernière fois pour compiler le tout et regarder pour le plaisir...
Ceci dit, dès le premier visionnage, j'ai su que les quatre autres ne seraient pas un supplice, loin de là !
Les images sont belles. Jaunes dorées... Elles commencent et finissent sur un coucher de soleil sur la mer.
Et entre ces deux scènes, elles restent dorées. Saturées d'ocre...
Parfois sombres, mais le scénario le veut et l'impose.
Cette ville est la ville du spleen tout de même...
Cette ville est bizarrement peuplée...
Un homme au chapeau se promène. Faisant le lien entre les personnages, les scènes...
Spleen City, dès les premières minutes, vous happe...
Deux personnages. Deux personnalités. Un paumé voyou mufle et un chômeur
monolythique en horaires décalés avec sa moitié...
Tous deux, en contraste avec les images solaires, vêtus de costumes noirs et de chemises blanches.
Des Men in Black version Pulp Fiction à la sauce Journée en enfer !
Et tu n'es pas cinéphile Mustafa ?
Ben alors...
Ca m'épate.
Un flambeur et un chômeur.
Un voyou joueur et une victime de la conjonture.
Dans une ville normale, ces deux-là n'aurait pas du se croiser.
Mais nous sommes à Spleen City.
La ville où il ne se passe jamais rien.
La ville où un emploi de vendeur dans un magasin de disques peut vous mener très loin...
Enfin, si votre voiture veut bien rouler... et là c'est pas gagné !
Donc, entrechoquage de deux
personnalités.
L'un est timide, résigné, vaincu d'avance par la fatalité.
L'autre est colérique, joue du flingue, de sa belle gueule et de la peur qu'il engendre chez ses semblables.
Mais ni l'un ni l'autre n'a en main son destin finalement !
Ils vont vivre une journée de merde.
Soit ! Rien de va marcher comme prévu. Rien.
Le voyou navigue entre regrets conjuguaux et plaisirs tarifés. Et besoin d'argent !
Le chômeur constate que sa vie conjuguale lui échappe.
Tout comme son poste de vendeur.
Pour tous les deux, cette journée est importante.
Elle sera glauque et poisseuse.
Bercée des accords de blues lancinants d'une guitare.
Y'a rien à voir dans cette ville, sauf un certain chapeau porté par un barbu taciturne et un brin farceur !
Et pour cause, la ville est déserte...
Orange et déserte.
Et zou l'harmonica s'y met...
Et là, ça vire au Tarantino de la grande époque !
Avec flingo, pétarade et bons mots qui sonnent juste...
Jusqu'à la lumière finale au bout du canon !
Y'a juste que la caisse est pas américaine et légèrement mochouille et hors d'âge, mais on s'en tape !
Et puis Spleen City est un film de silences.
D'images fixes et de longs plans.
Un pur bonheur pour les yeux et les oreilles.
Le chômeur
est entraîné malgré lui.
A désirer l'ex-femme de celui qui l'entraîne du côté obscur de la force...
Vous me direz, y'a pire comme engrenage !
Une Mercedes plus tard, nos deux compères prennent conscience qu'un fossé les séparent.
Vouloir autant un job merdique de vendeur de disques dans une boutique pourrie, ça force l'admiration !
Les dialogues sont savoureux tout le long du film...
Finalement, le chômeur n'aura pas son poste... et pour cause !
A chaque séquence du film, je me demandais ce que Mustafa allait bien pouvoir inventer.
Quand la nuit est tombé, force était de constater que la ville, devenue rouge, m'avait envoutée. Hynoptisée. Embarquée.
La voix off m'a pris aux tripes et le montage m'a bluffée...
J'ai cessé de chercher des références cinématograhiques pour classer le film.
Oui, bien sûr il y en a.
Mais Spleen City, à sa façon envoûtante, devient une ville référence.
La boucle se ferme d'elle-même.
Et "La journée de merde" se termine...
Me laissant des images collées au fond de la rétine...
5 visionnages. 5 fois 34 mn.
J'en ai pris plein les yeux. J'ai cherché
férocement quelque chose de négatif à dire sur le film.
...
Rien. Maîtrise de l'image, du jeu des comédiens (d'accord avec toi Mustafa, les répétitions sont essentielles !) de la musique, du montage...
Voilà, je l'ai fait !
Je voulais critiquer un film et lui trouver des défauts pour casser mon image consensuelle de "copine qui critique les films de ses potes myspaciens" !
Râté ! J'ai rien de négatif à dire sur le film. Rien.
Tant pis pour moi.
Tant mieux pour vous.
Le film est promis à un grand avenir.
Et bravo aux comédiens géniaux : Pierre-Yves Demonceaux, Valentin Merlet, Alexandre Varga, Sara Seguela...
Et je plonge dès ce soir dans le scénario du prochain film de Mustafa avec délice.
Merci mon ami.
Merci pour tout !
Et je vous tiens au courant de la carrière du film.
Promis !
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