Vincent Lecrocq, apprenti réalisateur, film vu le mercredi 12 mars 2008, séance de 22 h 00 à l'UGC de Cergy-le-Haut.
1 - Quel est votre sentiment dominant à la sortie de la salle ?
Mon premier sentiment, je l'ai ressenti en tant que "réalisateur", c'est l'envie... L'envie de faire un polar. J'ai une idée qui est prête et un scénario à moitié écrit que j'avais laissé tomber
depuis un moment. Je me suis dépêché de rentrer, pour me replonger dedans...
Mon deuxième sentiment, quelques minutes plus tard, fut un étonnant mélange de dégoût et de reconnaissance. Dégoûté par cette histoire sordide et tragique, reconnaissant vis-à-vis du réalisateur de
nous avoir offert un film aussi beau et impressionnant à tout point de vue.
2 - Avez-vous été déçus après une si longue attente ? Ou au contraire le film répond-il à votre attente de cinéphile ?
Aucune déception, bien au contraire ! Le film a répondu à mes attentes, je suis un grand fan d'Olivier Marchal et il a vraiment satisfait mon envie et mon admiration pour
lui et pour son art. Qu'est-ce que cela fait plaisir de voir du si grand et si beau cinéma français. Un pur bonheur. J'ai toutefois légèrement préféré 36, mais c'est
vraiment léger.
3 - Avez-vous été choqué par le thème du film et le fait que l'histoire soit inspirée par la propre histoire d'Olivier Marchal ?
Tout comme 36 était inspirée de l'histoire d'un de ses amis, ce film est à nouveau inspirée d'une histoire vraie. Oui c'est choquant, c'est traumatisant
de savoir que ce genre de chose arrive dans les coulisses insoupçonnée de notre vie pèpère et de notre société actuelle...
Mais en même temps, ça fait plaisir de voir enfin une histoire qui va jusqu'au bout, racontée sans aucune retenue, de manière frontale.
4 - Vos impressions sur le jeu des acteurs ? Et sur la mise en scène d'Olivier Marchal ?
Daniel Auteuil, est comme à son habitude impeccable. Certain ont parlé de rôle cliché. Il est vrai que le flic alcoolique, cet homme détruit, ça s'est déjà vu, mais
Auteuil le joue tellement bien... Francis Renaud est une fois de plus flippant, les seconds rôles tels que ceux de G.
Laroche ou P. Nahon sont une fois encore magnifiques. J'ai été déçu par Olivia Bonamy. Un mot sur Catherine
Marchal : impresionnante ! Elle était déjà formidable dans 36. Mais ici, quelle profondeur, quel beauté, quel charisme, quel talent. Magnifié par son mari,
elle est ici absolument PARFAITE. Une très grande actrice.
La réalisation et tout ce qui tourne autour (lumière, découpage, mouvements de caméra, cadre, musique) est impressionnante. Rarement un film de cinéma français a été aussi cinématographique ces
dernière année. Marchal est, de mon avis, à l'heure actuelle, l'un des cinéaste les plus important du cinéma français, son troisième long-métrage le prouve à nouveau après
un formidable 36 et un premier Gangsters qui laissait entrevoir d'immenses capacités qu'il a su, par la suite, nous révéler...
5 - Donnez une note sur 20 au film.
Je ne suis pas digne de pouvoir me permettre de noter ce film... Mais on approche vraiment vraiment du maximum...
Vincent.
Antoine Elizabé, réalisateur, film vu en avant-première au Marignan à Paris.
1 - Quel est votre sentiment dominant à la sortie de la salle ?
Une claque dans la gueule, la tête lourde, pas envie de rire
tout de suite, un peu étonné de "l'angle d'attaque" adopté par Olivier Marchal, au début on compare avec 36, mais il n'en n'est rien,
impossible de comparer, c'est plus une expérience qu'une aventure.
2 - Avez-vous été déçus après une si longue attente ? Ou au contraire le film répond-il à votre attente de cinéphile ?
Pour être franc j'attendais un 36 plus sombre, un peu plus d'action, alors au début un peu déçu et puis avec le recul, la réflexion sur le film et sur
la façon de l'interpréter, pas de déception, dans le genre, c'est réussi !
3 - Avez-vous été choqué par le thème du film et le fait que l'histoire soit inspirée par la propre histoire d'Olivier Marchal ?
L'histoire est une trame de fonds. Marchal n'a pas utilisé ces faits horribles en premier plan de son film, on ne peut que être choqué par de telles
horreurs, mais pas par la manière dont ça a été filmé. C'est assez pudique j'ai trouvé.
4 - Vos impressions sur le jeu des acteurs ? Et sur la mise en scène d'Olivier Marchal ?
C'est là que c'est extra, pas une fausse note dans le jeu, pas un mec ou une nana à côté de ses pompes, rien ne sonne faux, on a de très beaux acteurs, de vrais gueules. Je suis
de plus en plus fan de Catherine Marchal, qui allie féminité et force à la fois.
Et puis un grand bravo à l'équipe déco et design, avec qui j'ai eu l'occasion de papoter, le moindre détails, l'univers visuel est sublime, on est en France, mais pas dans
Navarro, inspiration américaine sans faire du plagia, c'est géant.
La photo est magnifique bien que parfois un peu trop saturée.
Quant à Olivier Marchal, une belle preuve d'humilité face à son travail et j'adore sa vision du cinéma, ses films sont des ovnis!
Couillus la Gaumont de l'avoir suivi jusqu'au bout dans un tel film !
Mais ils ne se sont pas trompés ! Je suis allé lire un peu les
critiques des spectateurs, et contrairement à la presse, ils ont bien compris le sens du film et la manière de l'appréhender ! Chapeau donc à Marchal et sa troupe
d'acteurs au top : Auteuil est plus que « violant » dans sa façon de jouer, mais ça ne ressortirais pas autant si il n'était pas entouré de « sales
cons » autour de lui, Francis Renaud est génial, je découvre une nouvelle facette de lui, une vraie ordure (à croire que les personnages qui un nom se terminant en
« sky » sont tous des pourris (cf Varosky dans Dog Fight joué par Guy Amram) bien épaulé par son
compère également, Guy Lecluyse, le seul mec un peu emmerdé par tout ça, qui a du mal à prendre position dans cette guerre intérieure et puis l'ombre du film ...
Moussa Maaskri, Zi Moussa, quelle fierté de connaître un acteur pareil, c'est un peu le Dussolier de
36, mais en version enervé et sans pitié, il a des mots très durs dans le film, si des mecs pareils existent dans la police ils méritent une place à côté de
Subra ... Merci à Moussa d'ailleurs pour son invitation à l'avant-première en compagnie de toute l'équipe du film !!! Avant-première chargée en
émotion puisque la fille de la victime (incarnée par Olivia Bonamy) était présente et a souhaité nous adresser quelques mots... Je m'arrête ici, mais il y a matière
à en parler pendant des heures !
5 - Donnez une note sur 20 au film.
15/20 (j'aurais donné 18/20 à 36, question d'univers qui me plait plus !)
Romain Basset, réalisateur,
mercredi 12 mars, 20 h 00.
1 - Quel est votre sentiment dominant à la sortie de la salle ?
Les entrailles de l’âme humaine sont définitivement noires.
2 - Avez-vous été déçus après une si longue attente ? Ou au contraire le film répond-il à votre attente de cinéphile ?
Conquis. Les polars d’Olivier Marchal sont peut-être ce qu’il y a de plus sincère et
de plus pointu dans le cinéma de genre français actuel.
3 - Avez-vous été choqué par le thème du film et le fait que l'histoire soit inspirée par la propre histoire d'Olivier Marchal ?
C’est l’essence même du cinéma. La réalité sordide en est sa chair.
4 - Vos impressions sur le jeu des acteurs ? Et sur la mise en scène d'Olivier Marchal ?
5 - Donnez une note sur 20 au film.
J’attends de le
revoir.
MR 73 est vraiment un film d’acteurs. Daniel Auteuil est littéralement monstrueux. D’une
justesse imparable.
Olivia Bonamy confondante de subtilité (malgré une coupe de cheveux choucroute pour le moins grotesque)
Francis Renaud toujours impeccable.
Mention spéciale à Moussa Maaskri, impressionnant de charisme complexe.
Je regrette seulement que Philippe Nahon n’ait pas là un rôle à la mesure de son talent. Sous exploité, une fois encore…
Mise en scène envoûtante au possible, l’intrigue est un pretexte, c’est bien l’Humain qui intéresse ici Olivier Marchal avant tout.
D’où une attention particulière apportée aux visages et aux gestes ainsi qu’à leur mise en lumière. Superbe travail sur les contrastes. L’intensité dramatique générée s’avère alors parfois
insoutenable…
Nicolas CABELLIC (réalisateur) - Film vu le : 12/03/08 à 19 h
40.
1 - Quel est votre sentiment dominant à la sortie de la salle ?
Je suis sorti de la projection de "MR 73" enthousiaste. Cependant, j'ai relevé des petites imperfections (à mon
goût), des petites choses d'ordre technique qui m'ont traquassées (voir ci-dessous). Quoi qu'il en soit, "MR 73" est un bon film policier français, référencé (cf. Melville, Duvivier) et réalisé par
un officionados : "Olivier Marchal", celui qui a su réssuciter dans les années 2000 le polar français, qui faut le rappeler est un genre qui a longtemps été, avec la comédie, le genre dominant du
cinéma populaire français.
2 - Avez-vous été déçus après une si longue attente ? Ou, au contraire le film répond-il à votre attente de cinéphile ?
Non, je ne peux pas dire que j'ai été déçu à la
sortie de la projection du film. Je dirai que j'attendais un film un peu plus pêchu niveau action et peut-être un peu différent des deux premiers (cf. "Gangsters" & "36, Quai des orfèvres"),
mais ce film répond à mon attente de cinéphile et clôt majestueusement la trilogie de Marchal. Non, ce qui pourrait être désormais intéressant de connaître serait "l'après trilogie policière" de
Marchal.
3 - Avez-vous été choqué par le thème du film et le fait que l'histoire soit inspirée par la propre histoire d'Olivier Marchal ?
Non, il n'y a pas de quoi être choquer
par le thème du film, et je dirai même que c'est tout à son honneur. Rendez-vous compte ! Un film inspiré de faits réels et, qui plus est vécu par le réalisateur. A côté, le dernier Fincher (cf.
"Zodiac") n'a qu'à bien se tenir lol Plus sérieusement, le thème est d'autant plus important et intime qu'il permet de donner du crédit au film et à ce pourquoi Olivier Marchal fait du cinéma, à
savoir : "dénoncer une société corrompue et pourrie".
4 - Vos impressions sur le jeu des acteurs ? Et sur la mise en scène d'Olivier Marchal ?
Il y a un très bon jeu d'acteur. Je dirai même que c'est le point fort du film.
Daniel Auteuil (Schneider) excelle dans son rôle de flic à la fois paumé et droit, vivant dans une noirceur poétique, adepte du stoïcisme; Une performance qui lui vaudra, j'en suis persuadé, des
récompenses digne de ce nom (oui, je suis voyant lol). Pareillement, Philippe Nahon, sobre et puissant à la fois mérite d'être féliciter pour son travail sur le rôle de Subra. Le jeu des acteurs
collent vraiment bien à la peau des personnages du film, mention spéciale à Francis Renaud, Guy Lecluyse, Olivia Bonami et Catherine Marchal.
Pour ce qui est de la mise en scène et de la réalisation, il y a beaucoup de points positifs. Techniquement, j'ai beaucoup aimé l'image de Denis Rouden qui sait joué avec les humeurs des scènes,
oscillant entre un noir et blanc classique et une couleur "révélatrice". Par contre, je dois noter que les cadrages étaient parfois douteux; On avait l'impression que la caméra était arrivée là par
pur hasard, je ne sentais pas l'intention du réalisateur.
En fait, les gros bémols viennent de l'intrigue, plus précisément du scénario. Je pense qu'il y a trop d'enjeux qui finissent trop rapidement en sac à noeud, notamment à la fin. Le scénario est
certes fin, les dialogues à point, mais l'intrigue aurait pu être moins saugrenue. Je n'ai pas particulièrement aimé "l'après climax", la brochette de morts en un minimum de temps; On a
l'impression qu'il veut vite se débarasser de ces protagonistes pour accéder à la fin. En plus, le montage n'arrange rien. Il y a beaucoup trop de générosité dans la temporalité des séquences,
laissant des longueurs qui ne nourrissent pas l'intrigue et qui, en plus, prêtent à certaines confusions.
Je repense notamment à la scène, vers la fin, où Schneider arrive à la morgue avec Mari Angéli (cf. Catherine Marchal); Kovalski arrive, empêchant à nos deux compères de faire les prélévements
nécessaire à l'enquête, ça se fout sur la gueule, les trois-quarts quittent la pièce, et après, on voit Mari Angéli seule à l'image, raccordé en cinq plans qui n'ont rien à avoir les uns avec les
autres, pendant au moins 30 secondes - J'avouerai que là, un fondu placé à la fin d'un des plan nous (spectateurs) auraient largement rendus service !
Sinon pour ce qui est du travail au niveau du son diégétique, c'est remarquable. La musique (extradiégétique) de Bruno Coulais, un peu trop présente à mon goût, est saisissante et me rappelait
parfois la quête des "Rivières Pourpres" (cf. Mathieu Kassovitz). Enfin, le dernier point qui m'a le plus intrigué dans ce film est la dualité, précisément, la confrontation des Hommes et des
idées. D'une part, sur le fond (l'intrigue) mais, d'autre part, sur la forme (la stylisation et les choix artistiques). Il y a bon nombre d'exemples : les voitures ultra luxueuse et modernes/ bus
old school et la voiture de Daniel Auteuil, le présent de l'intrigue/ la nostalgie de l'arme "MR 73", Marseille/ l'arrière-pays, la vérité/ le mensonge, la vie/ la mort et la morale/ la religion.
Est-ce peut-être en ce point que réside toute l'énigme du film ?
5 - Donnez une note sur 20 au film.
Je mettrai 13/20 pour le film "MR 73" (mais non, je ne suis pas dur). C'est une note convenable, sans pour autant être "excellente"
car je ne pense pas que ce soit le film le plus remarquable du réalisateur (qui reste pour ma part et à ce jour : "36 quai des Orfèvres"); Comme peut l'être "Angel-A" pour Luc Besson, disons que
"MR 73" est le film le plus personnel d'Olivier Marchal, plus encore que son premier long-métrage : "Gangsters" (2002). C'est un fait, au cinéma, les films les plus personnels ne sont jamais les
meilleurs (à méditer !)
Ludovic Baron, réalisateur
Me voilà sorti de la salle de cinéma, où les images de MR73 m’ont été cruellement envoyées…
L’image est soignée, le jeu des comédiens est excellent, le scénario est maîtrisé, la musique est bonne et entraînante et le suspense est omniprésent…
Il ne me reste plus qu’à vous dire de courir voir ce film !!!
Un vrai polar !
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